Étude — santé du nourrisson, contexte français

Vacciner son bébé en 2026 :
le calendrier, compris

Treize valences obligatoires, des injections concentrées entre 2 et 18 mois, des protections recommandées qui ont changé la donne (bronchiolite, rotavirus) et des règles qui ont bougé en 2025-2026. Cette page reprend l'intégralité du calendrier vaccinal du nourrisson en France, de la naissance à 24 mois, avec pour chaque point la source officielle correspondante.

13 valences obligatoires chez le nourrisson depuis le 1er janvier 2025 (méningocoques B et ACWY ajoutés)[10]
2 mois l'âge des premières injections (hexavalent + pneumocoque) — le schéma se concentre entre 2 et 18 mois[1]
100 % de prise en charge, sans avance de frais, des examens médicaux obligatoires de l'enfant — où le statut vaccinal est vérifié[8]

01 L'essentiel en bref

Six points à connaître avant d'entrer dans le détail — tout le reste de la page n'est que l'approfondissement de ceux-ci.

  • 13 valences obligatoires. Pour les enfants nés depuis le 1er janvier 2018, 11 vaccinations étaient obligatoires. Depuis le 1er janvier 2025 (décret n° 2024-694 du 5 juillet 2024), la vaccination contre le méningocoque B devient obligatoire et le vaccin tétravalent méningocoque ACWY remplace l'ancien vaccin contre le méningocoque C seul[10][2].
  • Exigées pour la collectivité. Les vaccinations obligatoires sont exigées pour l'entrée et le maintien en collectivité : crèche, assistante maternelle, école, centre de loisirs[4].
  • Peu d'injections, beaucoup de protections. Toutes les injections du nourrisson sont regroupées dans un petit nombre de vaccins combinés : un hexavalent (6 maladies en 1 injection), un vaccin contre le pneumocoque, les vaccins contre les méningocoques B et ACWY, et le vaccin ROR[1].
  • Un schéma concentré entre 2 et 18 mois. Premières injections à 2 mois, puis 3, 4, 5, 6, 11, 12 et 16-18 mois.
  • Des protections recommandées s'y ajoutent, sans être obligatoires : le vaccin oral contre le rotavirus (2-3 doses à boire), la protection contre la bronchiolite (VRS) à la naissance ou via la vaccination de la mère en fin de grossesse, et le BCG pour les enfants à risque de tuberculose[3].
  • Un contexte épidémique qui justifie les renforcements : recrudescence des infections invasives à méningocoques (616 cas en 2024, plus haut niveau depuis 2010) et épidémie majeure de coqueluche en 2024 (20 décès de nourrissons de moins d'un an)[2].

02 Le calendrier par âge (enfant né en 2026, schéma standard)

De la naissance à 24 mois, âge par âge. Obligatoire Recommandé Cas particulier — d'après le calendrier vaccinal 2026 publié en avril 2026[1].

Âge Vaccin / injection Statut
Naissance Immunisation anti-VRS (Beyfortus), pour les bébés nés pendant la saison (à la maternité)
Hépatite B dose 1 (avec immunoglobulines) SEULEMENT si la mère est porteuse du virus
BCG avant la sortie de maternité si naissance en Guyane / à Mayotte ou cas familial de tuberculose
Recommandé
Cas particulier
2 mois Hexavalent DTCaP-Hib-HepB (dose 1) · Pneumocoque (dose 1) · Rotavirus (dose 1, par voie orale) Obligatoire Rotavirus : recommandé
3 mois Méningocoque B / Bexsero (dose 1) · Rotavirus (dose 2) Obligatoire Rotavirus : recommandé
4 mois Hexavalent (dose 2) · Pneumocoque (dose 2) · Rotavirus (dose 3 si RotaTeq) Obligatoire Rotavirus : recommandé
5 mois Méningocoque B / Bexsero (dose 2) Obligatoire
6 mois Méningocoque ACWY / Nimenrix (dose 1) Obligatoire
11 mois Hexavalent (dose 3 = rappel) · Pneumocoque (rappel) Obligatoire
12 mois Méningocoque B (rappel) · Méningocoque ACWY (dose 2) · ROR rougeole-oreillons-rubéole (dose 1) — co-administrations possibles le même jour Obligatoire
16-18 mois ROR (dose 2) Obligatoire
24 mois Rien de prévu dans le schéma standard ; borne maximale du rattrapage obligatoire méningocoques

Total pour un enfant à jour à 24 mois : environ 13 injections de vaccins obligatoires (3 hexavalent + 3 pneumocoque + 3 méningocoque B + 2 méningocoque ACWY + 2 ROR), plus 2-3 doses orales de rotavirus et 1 injection de Beyfortus (recommandés). Cas particulier : la fièvre jaune est obligatoire à partir de 12 mois uniquement pour les enfants résidant en Guyane[1].

03 Les vaccins obligatoires en détail

Cinq injections-types portent les 13 valences obligatoires. Voici ce que chacune prévient, à quel rythme elle se fait, et ce qu'il faut savoir de particulier.

6 en 1

L'hexavalent (2, 4 et 11 mois)

Diphtérie, tétanos, coqueluche, poliomyélite, Haemophilus influenzae b et hépatite B en une seule injection : 1re dose à 2 mois, 2e à 4 mois, rappel à 11 mois. Vaccins utilisés en France : Infanrix hexa (GSK) et Vaxelis[1]. Diphtérie et poliomyélite, obligations historiques, sont quasi éliminées grâce à la vaccination ; le tétanos, non contagieux et souvent mortel, ne se prévient que par le vaccin ; la coqueluche, grave avant 6 mois, a connu une forte recrudescence en 2024-2025 (voir section 05) ; le Hib était la 1re cause de méningite du nourrisson ; l'hépatite B peut devenir chronique (cirrhose, cancer du foie).

Rappels ultérieurs : DTCaP à 6 ans, 11-13 ans, puis 25, 45, 65 ans et tous les 10 ans (valence coqueluche systématique depuis le calendrier 2025)[1]
2+1

Le pneumocoque (2, 4 et 11 mois)

Première cause de méningite bactérienne de l'enfant — aussi otites, pneumonies, septicémies, avec des séquelles fréquentes (surdité, handicap). Schéma obligatoire en vigueur au calendrier 2026 : 2 doses à 2 et 4 mois + rappel à 11 mois (schéma 2+1), avec Prevenar 13 ou Vaxneuvance. Dose supplémentaire à 3 mois pour les prématurés et nourrissons à risque (schéma 3+1 : 2, 3, 4 mois + rappel à 11 mois)[1]. Évolution en cours : passage au Prevenar 20 recommandé par la HAS — voir l'encadré ci-dessous.

HAS, révision de la stratégie vaccinale contre les pneumocoques, 30/07/2026[5]
3-5-12

Le méningocoque B (Bexsero) — obligatoire depuis 2025

Prévient méningites et septicémies (purpura fulminans) à évolution potentiellement foudroyante ; le sérogroupe B touche surtout les nourrissons et les enfants de 1 à 4 ans. Schéma : doses à 3 et 5 mois, rappel à 12 mois — attention, le schéma « 2-4-12 mois » vu sur certains sites grand public est erroné[2]. Concerne tous les enfants nés à compter du 1er janvier 2023, avec rattrapage obligatoire entre 12 et 24 mois (2 doses espacées de 2 mois + rappel) et rattrapage transitoire jusqu'au 5e anniversaire. Vaccin fréquemment fébrigène : paracétamol préventif recommandé (section 06). En Angleterre, baisse de près de 80 % des cas chez les jeunes enfants avec un schéma complet à 3 doses.

Ministère de la Santé, obligations méningocoques[2] · remboursé 65 %[4]
6-12

Les méningocoques ACWY (Nimenrix, MenQuadfi)

Obligatoire depuis le 1er janvier 2025 en remplacement de l'ancien vaccin contre le méningocoque C seul : mêmes infections invasives, dues aux sérogroupes A, C, W et Y (W et Y en nette augmentation). Schéma : 1re dose à 6 mois (Nimenrix), rappel à 12 mois (Nimenrix ou MenQuadfi), co-administrable avec le ROR et le rappel Bexsero. L'ancien schéma « méningocoque C à 5 et 12 mois » est obsolète. Enfants déjà vaccinés contre le C seul : rattrapage obligatoire par une dose ACWY entre 12 et 24 mois[2]. Rappel recommandé à 11-14 ans (proposé en classe de 5e depuis la rentrée 2025-2026), rattrapage possible jusqu'à 24 ans révolus.

Décret n° 2024-694 du 5 juillet 2024[10] · remboursé 65 %[4]
12-18

Le ROR — rougeole, oreillons, rubéole

Rougeole (très contagieuse : pneumonies, encéphalites, formes mortelles — résurgence en Europe), oreillons (orchites, méningites), rubéole (bénigne chez l'enfant, grave pour le fœtus en cas de grossesse non immunisée). Schéma : 1re dose à 12 mois, 2e entre 16 et 18 mois ; obligatoire pour tous les enfants nés depuis le 1er janvier 2018. Vaccination possible dès 6 mois en cas de voyage en zone de forte circulation ou de contact avec un cas (dans les 72 h) — la dose précoce ne compte pas, ce qui fait alors 3 doses au total[3]. À noter : l'allégation d'un lien entre le ROR et l'autisme (étude de 1998) a été rétractée et est réfutée par l'ensemble des études.

Vaccination Info Service (Santé publique France)[3] · remboursé 100 % de 1 à 17 ans[4]

Point en transition : le Prevenar 20 (avis HAS du 30 juillet 2026)

La HAS recommande désormais le passage au Prevenar 20 pour tous les nourrissons, y compris prématurés, selon un schéma 3+1 (2, 4, 6 mois + rappel à 11 mois), en remplacement de Prevenar 13 et Vaxneuvance — couverture estimée : 41 % des infections invasives pédiatriques, contre 16-22 % pour les vaccins précédents[5]. Cet avis n'est pas encore intégré au calendrier vaccinal officiel au 12 août 2026 ; les enfants ayant commencé avec l'ancien vaccin poursuivent avec le Prevenar 20. Se renseigner auprès du médecin.

04 Les protections recommandées (non obligatoires)

Recommandées ne veut pas dire optionnelles au sens « superflu » : ces protections ciblent des maladies fréquentes ou graves du nourrisson. Le choix reste aux parents, éclairé par le médecin.

Bronchiolite / VRS : Beyfortus pour le bébé, ou Abrysvo pour la mère

La bronchiolite à VRS est la 1re cause d'hospitalisation des nourrissons de moins de 6 mois en hiver. Deux stratégies alternatives, non cumulables, au choix éclairé des parents[6][9] :

Option A

Beyfortus (nirsevimab) : l'injection du nouveau-né

Ce n'est pas un vaccin mais un anticorps monoclonal : une injection unique qui protège au moins 5 mois, administrée à la maternité dans les jours suivant la naissance pour les bébés nés pendant la campagne (gratuit, sans avance de frais), ou en ville (médecin, sage-femme, infirmier, PMI) pour ceux nés hors saison avant leur premier hiver. Efficacité en vie réelle : 76-81 % contre les admissions en réanimation ; environ 5 800 hospitalisations évitées lors de la saison 2023-2024 ; une étude Epi-Phare (décembre 2025) montre une efficacité supérieure à la vaccination maternelle en vie réelle[6][9]. Doses : 50 mg si moins de 5 kg, 100 mg si 5 kg et plus ; 200 mg (2 injections) en 2e saison pour les enfants vulnérables (dysplasie bronchopulmonaire, cardiopathie congénitale avec retentissement).

ANSM, protéger les nourrissons contre le VRS[6] · prise en charge : 100 % à la maternité, 30 % en ville (100 % C2S/AME)[9]
Option B

Abrysvo : la vaccination de la femme enceinte

Une dose entre 32 et 36 semaines d'aménorrhée (8e mois), si cette période tombe pendant la campagne (septembre-janvier). Les anticorps maternels protègent le nourrisson de la naissance à 6 mois (efficacité : -82 % d'infections sévères à 3 mois). Remboursée à 100 %. À respecter : un délai de 14 jours avec le vaccin anti-coqueluche[5]. Beyfortus reste à privilégier en cas de prématurité, d'accouchement moins de 14 jours après la vaccination maternelle, de mère immunodéprimée, ou de nouvelle grossesse chez une mère déjà vaccinée.

HAS, vaccination maternelle contre le VRS, 13/06/2024[5]

Campagnes : la campagne 2025-2026 s'est déroulée du 1er septembre 2025 au 20 février 2026 ; la campagne 2026-2027 est annoncée du 14 septembre 2026 au 28 février 2027. Plus de 450 000 nourrissons ont été protégés en 2024-2025[11].

Rotavirus : le vaccin à boire contre la gastro-entérite

  • Recommandé pour tous les nourrissons depuis juin 2022, non obligatoire. Le rotavirus provoque chaque année ~60 000 consultations et ~20 000 hospitalisations chez les moins de 3 ans ; efficacité ~80 %[3].
  • Deux vaccins oraux (vivants atténués) : Rotarix, 2 doses à 2 et 3 mois, dernière dose AVANT 6 mois ; RotaTeq, 3 doses à 2, 3 et 4 mois, dernière dose AVANT 8 mois. Ne pas mélanger les deux : on termine avec celui qu'on a commencé.
  • Fenêtre d'âge stricte : première dose possible dès 6 semaines et au plus tard à 4 mois.
  • Précautions : contre-indiqué chez le nourrisson immunodéprimé ou avec antécédent d'invagination intestinale ; surveillance d'une invagination (rare) dans les 3-7 jours suivant chaque dose — pleurs inhabituels, ventre douloureux, vomissements → consulter.
  • Remboursement : 65 %[4].

BCG (tuberculose) : uniquement pour les enfants à risque

Plus obligatoire depuis 2007. Une dose unique à partir de 1 mois (idéalement au cours du 2e mois) ; avant la sortie de maternité pour les enfants nés en Guyane ou à Mayotte ou en cas de tuberculose récente dans l'entourage[1]. Critères de risque élevé (au moins un) : enfant né dans un pays de forte endémie ; au moins un parent originaire d'un de ces pays ; séjour d'au moins 1 mois d'affilée dans un de ces pays ; cas de tuberculose dans la famille depuis moins de 5 ans ; résidence en Guyane, à Mayotte ou en Île-de-France ; situation à risque jugée par le médecin (précarité, conditions de logement, contact régulier avec des adultes originaires de pays d'endémie). Efficacité : plus de 75 % contre les formes graves (méningite tuberculeuse). Particularité : vaccin non disponible en pharmacie — réalisé en PMI, en centre de lutte antituberculeuse (CLAT) ou en centre de vaccination public[3].

Grippe, Covid-19, hépatite A, varicelle : des recommandations ciblées

Grippe

Pas de vaccination systématique du nourrisson

Recommandée chaque automne dès 6 mois uniquement pour les enfants à risque de forme grave (maladies chroniques respiratoires, cardiaques, neurologiques…), prise en charge à 100 %. L'entourage des nourrissons de moins de 6 mois à risque est aussi invité à se vacciner[3].

Vaccination Info Service[3]
Covid-19

Uniquement les enfants à risque

Recommandée chaque automne dès 6 mois uniquement pour les enfants à risque[1].

Calendrier vaccinal 2026[1]
Hép. A

À partir de 1 an, situations particulières

Voyage en zone d'hygiène précaire, famille originaire d'un pays d'endémie avec séjours possibles, maladie hépatique chronique, mucoviscidose[3].

Vaccination Info Service[3]
Varicelle

Pas avant 12 ans en routine

Pas de vaccination systématique avant 12 ans ; possible dès 12 mois uniquement dans des situations particulières (attente de greffe, contact étroit avec des personnes immunodéprimées)[1].

Calendrier vaccinal 2026[1]

05 Protéger le nouveau-né avant ses vaccins : la mère et l'entourage

Le nourrisson ne reçoit ses premières doses qu'à 2 mois : avant cela, il est protégé par les anticorps transmis par sa mère et par la vaccination de son entourage.

Les 4 vaccins recommandés à la femme enceinte (récapitulatif HAS)

  1. Coqueluche — à CHAQUE grossesse. 1 dose à partir du 2e trimestre, de préférence entre 20 et 36 semaines d'aménorrhée (5e-8e mois), avec un vaccin combiné dTcaP (BoostrixTetra, Repevax). Protège le nourrisson à plus de 90 % contre les formes graves pendant ses premiers mois. Même si la mère a déjà été vaccinée ou a eu la coqueluche, la dose de grossesse reste nécessaire. Si elle n'a pas été vaccinée pendant la grossesse : vaccination recommandée en post-partum, avant la sortie de maternité (possible en cas d'allaitement)[5].
  2. Grippe. Recommandée à toutes les femmes enceintes, quel que soit le trimestre, pendant la campagne annuelle ; protège la mère ET le nourrisson (le vaccin grippe n'est pas indiqué avant 6 mois). Prise en charge à 100 %[5].
  3. Covid-19. Recommandée dès le 1er trimestre lors de la campagne automnale[5].
  4. VRS (Abrysvo). Entre 32 et 36 SA pendant la campagne (voir section 04) — alternative au Beyfortus du nourrisson ; délai de 14 jours avec le vaccin coqueluche[5].

La stratégie « cocooning » (l'entourage)

  • Coqueluche : si la mère a été vaccinée pendant la grossesse, l'entourage n'a PAS besoin d'être vacciné. Sinon (ou accouchement moins d'un mois après sa vaccination), un rappel dTcaP est recommandé à toutes les personnes en contact étroit avec le nourrisson durant ses 6 premiers mois (père, fratrie, grands-parents, baby-sitters, assistantes maternelles) si leur dernière dose remonte à 5 ans ou plus. Les professionnels au contact des nourrissons de moins de 6 mois sont également concernés (dernière injection > 5 ans)[5].
  • Grippe : recommandée pour l'entourage des nourrissons de moins de 6 mois à risque (prématurés, cardiopathies congénitales…).
  • Covid-19 : pas de recommandation spécifique pour l'entourage des nouveau-nés ; les grands-parents relèvent des cibles classiques (65 ans et plus, personnes fragiles).
  • Vaccins vivants contre-indiqués pendant la grossesse : ROR, varicelle, BCG (rattrapage éventuel en post-partum).

L'entretien prénatal vaccinal

Instauré par la loi du 30 décembre 2017, un entretien dédié à la vaccination du futur enfant est proposé aux futurs parents pendant la grossesse (par le médecin ou la sage-femme), en lien avec l'entretien prénatal précoce du 4e mois[5].

06 Effets indésirables, contre-indications, questions pratiques

Effets indésirables fréquents (bénins, durée ≤ 48 h)

  • Rougeur, douleur, léger gonflement au point d'injection ; fièvre légère ; bébé grognon, somnolent ou moins d'appétit.
  • Consulter si : fièvre > 39 °C, éruption cutanée, pleurs inconsolables plus de 24 h, somnolence anormale, inflammation locale persistante ou aggravée.
  • Paracétamol : préventif recommandé spécifiquement pour le Bexsero (méningocoque B), au moment de l'injection et dans les 12 h suivantes. Pour les autres vaccins, usage curatif uniquement si fièvre ou inconfort — l'usage préventif systématique peut diminuer la réponse en anticorps. Ne pas utiliser d'anti-inflammatoires.
  • Tout effet indésirable peut être signalé sur le portail de signalement du ministère de la Santé.

Contre-indications (très rares)

  • Allergie grave connue à un composant du vaccin, ou réaction allergique grave à une injection précédente.
  • Maladie aiguë avec forte fièvre au moment prévu : contre-indication provisoire (on reporte) ; un simple rhume avec un peu de fièvre ne contre-indique pas la vaccination.
  • Rotavirus : immunodépression, antécédent d'invagination intestinale, malformation digestive prédisposante ; fenêtre d'âge stricte (section 04).
  • Vaccins vivants (rotavirus, BCG, ROR, varicelle) : si la mère a reçu de l'infliximab pendant la grossesse ou l'allaitement, la vaccination vivante du nourrisson doit être décalée à 12 mois.

Remboursements (Assurance Maladie)

Poste Prise en charge Précision
Vaccins obligatoires du nourrisson 65 % Le reste est généralement couvert par la complémentaire santé[4].
ROR 100 % Jusqu'à 17 ans[4].
Rotavirus 65 % Vaccin recommandé, non obligatoire[4].
Beyfortus 100 % / 30 % 100 % à la maternité ; 30 % en ville, complété par les mutuelles (100 % C2S/AME)[9].
Abrysvo (femme enceinte) 100 % Vaccination maternelle contre le VRS[5].
Examens médicaux obligatoires de l'enfant 100 % Sans avance de frais[8].
PMI Gratuit Vaccination gratuite, sans avance de frais, pour les enfants jusqu'à 6 ans.

Où et par qui faire vacciner le nourrisson

  • Médecin (généraliste, pédiatre) : prescrit et vaccine.
  • Sage-femme : peut prescrire et administrer tous les vaccins du calendrier chez le nouveau-né, le nourrisson et la femme enceinte.
  • Infirmier : administre sur prescription médicale.
  • PMI (Protection maternelle et infantile) : vaccination gratuite des enfants jusqu'à 6 ans.
  • Pharmacien : ne vaccine QUE les personnes de 11 ans et plus → pas les nourrissons.
  • Maternité / hôpital : Beyfortus, sérovaccination hépatite B si mère porteuse, BCG éventuel.

Carnet de santé, collectivités et examens obligatoires

Les vaccinations sont consignées dans le carnet de santé ; la copie des pages « vaccinations » a valeur de certificat pour la crèche, l'assistante maternelle ou l'école. Une admission provisoire de 3 mois est possible si des vaccins obligatoires manquent ; sans régularisation, l'enfant ne peut pas être maintenu en collectivité[4]. Les 20 examens médicaux obligatoires de 0 à 16 ans incluent à chaque fois la vérification du statut vaccinal ; ceux des premiers mois coïncident avec les rendez-vous vaccinaux (1 examen dans les 8 premiers jours → 1er certificat de santé ; 5 examens entre 1 et 5 mois ; 8 mois → 2e certificat ; 11, 12, 16-18 mois ; 23-24 mois → 3e certificat de santé)[8].

07 Situations particulières

Prématurés et nouveau-nés de faible poids

  • Principe : vaccination à l'âge chronologique réel, SANS correction du terme ni du poids ; elle est immunogène, efficace et sûre chez le prématuré[1].
  • Pneumocoque : schéma renforcé 3+1 (2, 3, 4 mois + rappel à 11 mois) pour les prématurés de moins de 37 SA.
  • Hexavalent : dose supplémentaire à 3 mois recommandée pour les prématurés de moins de 33 SA.
  • Hépatite B : schéma renforcé 4 doses (naissance, 1, 2, 6 mois) pour les prématurés de moins de 32 SA et/ou moins de 2 kg.
  • Surveillance : risque d'apnées/bradycardies dans les 48 h suivant la 1re injection chez les très grands prématurés → premières doses sous monitorage à l'hôpital pour les moins de 30 SA.
  • VRS : la prématurité (moins de 36 SA) est un critère de vulnérabilité → Beyfortus particulièrement indiqué.

Nouveau-né de mère porteuse du virus de l'hépatite B (AgHBs positif)

  • Sériovaccination impérative à la naissance, idéalement dans les 12 heures : vaccin monovalent hépatite B + immunoglobulines anti-HBs en deux sites distincts.
  • Puis schéma 0-1-6 mois (ou 0-1-2-6 mois si prématuré < 32 SA et/ou < 2 kg), avec contrôle sérologique vers 9 mois.
  • À noter : il n'existe PAS de vaccination hépatite B systématique à la naissance pour les autres enfants (début à 2 mois avec l'hexavalent).

Voyage avant 12 mois, et autres cas

  • ROR possible dès 6 mois en zone de forte circulation (3 doses au total, la dose précoce ne comptant pas).
  • Hépatite A dès 1 an si destination d'hygiène précaire.
  • Enfant exposé à l'infliximab in utero : décalage des vaccins vivants à 12 mois (voir section 06).
  • Nourrissons de mères vivant avec le VIH : le calendrier vaccinal 2026 introduit des recommandations spécifiques — se référer au médecin[1].

08 Ce qui a changé récemment (2024-2026) — à surveiller

  • 1er janvier 2025 : méningocoque B obligatoire (Bexsero, 3-5-12 mois) et méningocoque ACWY obligatoire à 6 et 12 mois en remplacement du C (décret n° 2024-694 du 5 juillet 2024), pour les enfants nés depuis le 1er janvier 2023, avec rattrapage transitoire jusqu'à 4 ans révolus[10][2].
  • Calendrier vaccinal 2026 (publié en avril 2026) : schémas du nourrisson stables ; nouveautés surtout adultes (HPV jusqu'à 26 ans, pneumocoque 65 ans), formalisation du rattrapage méningocoques, immunisation VRS de 2e saison pour les enfants vulnérables, recommandations spécifiques pour les nourrissons de mères vivant avec le VIH[1][7].
  • 30 juillet 2026 : avis HAS recommandant le Prevenar 20 chez tous les nourrissons (schéma 3+1 : 2, 4, 6 mois + rappel 11 mois) à la place de Prevenar 13/Vaxneuvance — intégration au calendrier officiel en attente au 12 août 2026[5].
  • Stratégie VRS pérennisée : campagne 2026-2027 annoncée du 14 septembre 2026 au 28 février 2027 (Beyfortus à la maternité ou Abrysvo chez la mère)[11].

Point d'attention : méfiez-vous des schémas obsolètes

Des sites grand public véhiculent encore des schémas périmés : « méningocoque C à 5 et 12 mois », méningocoque B « 2-4-12 mois », obligation « née à partir de 2025 ». Les références à jour sont le calendrier vaccinal officiel[1], vaccination-info-service.fr[3] et ameli.fr[4].

09 Toutes les sources

Sources officielles françaises, consultées le 12 août 2026. Le calendrier vaccinal évolue régulièrement : en cas de doute, se référer au calendrier officiel en vigueur (sante.fr, vaccination-info-service.fr).

Calendrier et obligations vaccinales

  1. Ministère de la Santé, Calendrier des vaccinations 2026 (PDF officiel, avril 2026). sante.gouv.fr
  2. Ministère de la Santé, Nouvelles obligations vaccinales méningocoques — questions-réponses (mise à jour 26/02/2026). sante.gouv.fr
  3. Vaccination Info Service (Santé publique France), Nourrissons et enfants de la naissance à 10 ans ; pages maladies (méningocoques, pneumocoques, rotavirus, rougeole, BCG, grippe, hépatite A…). vaccination-info-service.fr
  4. Ameli.fr, Les vaccins obligatoires chez le nourrisson (mise à jour 21/05/2026) ; Bronchiolite : les traitements préventifs (02/09/2025). ameli.fr

HAS, ANSM et services publics

  1. HAS, Vaccination maternelle contre le VRS (13/06/2024) ; Grossesse : les vaccins recommandés (29/04/2025) ; Révision de la stratégie vaccinale contre les pneumocoques / Prevenar 20 (30/07/2026). has-sante.fr
  2. ANSM, Protéger les nourrissons contre le VRS. ansm.sante.fr
  3. Service-public.fr, Calendrier vaccinal : quels changements pour 2026 ? (29/04/2026). service-public.fr
  4. Service-public.fr, Examens médicaux obligatoires de l'enfant. service-public.gouv.fr
  5. Ministère de la Santé, Bronchiolite : questions-réponses aux parents (08/09/2025). sante.gouv.fr (rubrique maladies de l'hiver)

Textes réglementaires et campagnes

  1. Décret n° 2024-694 du 5 juillet 2024 relatif aux vaccinations obligatoires contre les méningocoques ; décret n° 2018-42 du 25 janvier 2018 (11 vaccinations obligatoires). legifrance.gouv.fr
  2. ARS (campagnes bronchiolite 2025-2026), Ordre des pharmaciens (dates de campagnes VRS), AFPA, Évolutions du calendrier vaccinal 2026 (27/04/2026).