C'est le renversement majeur des vingt dernières années : un tendon douloureux ne se soigne pas
en l'immobilisant — le repos complet ne fait que le désadapter davantage. Il se soigne en le
rechargeant, correctement dosé.
5×45 s
L'isométrique : l'antidouleur de l'entraînement
Essai croisé chez des volleyeurs : 5 contractions isométriques de 45 s à ~70 % du maximum (ex. extension de genou bloquée) ont fait chuter la douleur au squat décliné de 7,0 à 0,2/10, avec un effet d'au moins 45 minutes. Confirmé en saison contre l'isotonique[16]. Limite honnête : 6 participants, effet immédiat mesuré — c'est un outil de gestion de la douleur, pas la cure[15].
Rio et al., Br J Sports Med 2015[15] · Rio et al., Clin J Sport Med 2017[16]
HSR = excentrique
Charges lourdes lentes aussi efficaces que l'excentrique
Essai randomisé (tendinopathie d'Achille) : à 12 semaines comme à 1 an, le protocole HSR donne des résultats équivalents au protocole excentrique classique, avec une tendance (non significative) à une meilleure satisfaction. On n'est donc pas prisonnier d'un seul protocole : lourd, lent, progressif — les deux marchent[17].
Beyer et al., Am J Sports Med 2015[17]
≤5/10
Le modèle de surveillance de la douleur
Essai randomisé (Achille) : continuer à courir et à s'entraîner pendant la rééducation, en respectant deux règles — douleur ≤5/10 pendant l'effort, et retour au niveau de base au plus tard le lendemain matin — donne des résultats aussi bons que le repos relatif, sans arrêt du sport. La douleur devient une jauge, pas une alarme[20].
Silbernagel et al., Am J Sports Med 2007[20]
charge progressive
Le dénominateur commun des programmes qui marchent
Revue systématique des programmes de charge pour tendinopathies rotulienne et d'Achille : quel que soit le label (excentrique, concentrique-excentrique, isométrique…), les programmes qui améliorent douleur et fonction partagent un même cœur — une charge progressive, dosée, maintenue des semaines. Le protocole compte moins que la régularité et la progression[18].
Malliaras et al., Sports Med 2013[18]
1998
L'excentrique, pionnier à remettre à sa place
Le protocole d'Alfredson (mollets, excentrique sur marche) a lancé toute cette recherche — mais l'étude originale était une étude pilote non contrôlée de 15 patients. Les essais ultérieurs ont montré que l'excentrique pur n'est pas supérieur aux autres formats de charge. Respect au pionnier, mais ce n'est pas la référence actuelle[19][17].
Alfredson et al., Am J Sports Med 1998[19]
guideline
La recommandation clinique de référence
Le guideline multidisciplinaire néerlandais sur la tendinopathie d'Achille : l'exercice en première ligne, échographie de routine et injections non recommandées en première intention. C'est le consensus clinique actuel — l'imagerie montre d'ailleurs souvent des anomalies chez des gens sans aucune douleur[21].
de Vos et al., Br J Sports Med 2021[21]